Vainqueur en début de saison de l'Etoile de Bessèges (Gard) puis d'une étape du Dauphiné Libéré à Morzine, au pied du Joux Plane, Yuri Trofimov, le jeune coureur de l'équipe Bouygues Télecom ne devait pas être aligné sur le tour de France. Mais le Staff de l'équipe chère à Jean-René Bernaudeau pouvait-il se passer d'un jeune coureur de la classe de Yuri ?
La réponse venait d'elle-même. Yuri sacrifierait donc le championnat de Russie sur route. Par contre, Vététiste de formation et de ... talent, il devrait tout de même s'aligner aux Jeux Olympiques de Pékin en VTT et porter les couleurs de la Russie.
Est-ce pour cette raison que des rumeurs malveillantes, jeudi 10 juillet, au départ d'Aigurande, affirmait que le russe avait programmé son abandon au soir de l'arrivée à Nîmes, 13ème étape ?
Didier Rous, contacté par Vélo-Club.Net, niait cette programmation (voir édition du 10 juillet). Mais quoi de mieux que de poser la question à l'intéressé lui-même. Certes, l'exercice n'est pas facile, Yuri ne parlant que très peu le français. Il s'efforce d'apprendre la langue de Molière mais ses efforts sont pour l'instant axés vers un vocabulaire spécifique pour comprendre les ordres des directeurs sportifs ou pour exprimer ses attentes en courses.
Avec l'aide d'Olga et Didier Dubois, ses amis en France, rien n'est pourtant impossible. Yuri a donc accepté de répondre à nos questions. Il ne mâche pas de fait ses mots.
« Je n'ai pas le droit d'abandonner le tour. Le faire est un honneur pour moi ! »
Vélo-Club.Net : Yuri, as-tu envisagé d'abandonner le tour cette année ?
Yuri Trofimov : « Je suis très surpris d'entendre ces bruits. Les gens racontent n'importe quoi. C'est le moins que je puisse dire. C'est ma 1ère année chez les professionnels. Je suis également sélectionné pour la 1ère fois dans l'équipe Bouygues Telecom pour courir le tour de France. Jamais, je n'ai pensé à abandonner le tour. Je me suis privé du championnat de Russie pour me préparer au mieux pour le tour. Pourtant, Je tenais à participer au championnat de mon pays. Courir le tour était un rêve. Je le réalise en ce moment et c'est un honneur pour moi que d'y participer. »
VCN : Comment vis-tu ce rêve ?
Y.T : « Je vis de grandes émotions. Jamais je n'aurais pu imaginer une telle organisation. Courir le tour est le rêve de tout coureur cycliste. J'y suis aujourd'hui et je courre devant tant de spectateurs. Je n'en reviens pas encore. »
VCN : Quels sont tes objectifs ? Le maillot blanc ?
Y.T : « Finir le tour tout simplement. Aller jusqu'à Paris. Voir les Champs- Elysées. Je veux aider mon équipe et mes équipiers. Quant au maillot blanc, il y a de grands coureurs devant moi. Ce sont des costauds. Ce maillot blanc n'est pas une obsession en soi. Finir en turquoise l'est beaucoup plus. »
VCN : Tu sembles connaître les Pyrénées. Y'a t'il une étape qui t'inspire plus particulièrement ?
Y.T : « Effectivement, j'ai déjà couru dans les Pyrénées. Mais sur le tour, je ne peux pas avoir d'objectif précis. La course est très difficile. Je ne sais jamais comment cela va se passer. Je fais comme je le peux et du mieux que je le peux. Sur le tour, tu essais de faire la meilleure performance possible mais il ne faut jamais oublier que le lendemain, la course recommence. »
VCN : Dans quel état physique es-tu ?
Y.T : « Ca va. Comme les coureurs qui ont déjà fait 6 jours de course ! Je suis fatigué chaque jour un peu plus. Mais peu importe, je n'ai jamais couru une épreuve aussi longue. Je tiendrai ! Les rumeurs d'abandon, il m'en faudra plus pour me déstabiliser. »